“(..)   Permettre les rencontres, les échanges, le dialogue et l’écoute ; abolir les frontières, que ce soient celles qui séparent les peuples, les communautés ethniques, les groupes sociaux, les individus ; reconnaître l’autre dans ses richesses ; créer une solidarité qui ne soit pas de l’assistanat ; construire une société sans rivalités, sans exclusions ; faire naître le plaisir de créer, donner confiance en soi (..)”

Claire et Marc HEBER-SUFFRIN, initiateurs des RERS

 

Claire Héber-Suffrin, une pédagogue de la réciprocité

Initiatrice du premier réseau d’échanges réciproques de savoirs (RERS) à Orly en 1971, Claire Héber-Suffrin œuvre au développement de l’apprentissage en réseau, puisant son inspiration dans son passé d’institutrice.

                   

Claire Héber-Suffrin. Kathleen Rengnet pour La Croix

À l’origine du premier réseau d’échanges réciproques de savoirs à Orly en 1971, Claire Héber-Suffrin œuvre au développement de l’apprentissage en réseau, puisant son inspiration dans son passé d’institutrice. Elle se dit « intéressée » par le concept de réciprocité et la reconnaissance par tout un chacun de ses propres savoirs. Des connaissances parlent d’elle comme d’une « passionnée », a minima.

Originaire de la région parisienne, Claire Héber-Suffrin est une pédagogue reconnue, en particulier dans le domaine du partage de savoirs. Aujourd’hui encore, comme pendant toute sa carrière, elle veut les libérer pour qu’ils puissent profiter au plus grand nombre.

Une idée née en 1971

Claire Héber-Suffrin se souvient des expériences fondatrices de sa pensée, vécues alors qu’elle était institutrice à Orly, en région parisienne. Comme en janvier 1971, lorsqu’elle demanda aux artisans du village savoyard d’Arêches-Beaufort quels savoirs ces derniers pouvaient enseigner à ses élèves alors en classe de neige. Dans les locaux de Foresco, le mouvement français des réseaux d’échanges réciproques de savoirs, à Évry-Courcouronnes, les photos d’antan de ces écoliers trônent à quelques pas de la pédagogue vêtue en bleu.

D’aucuns y verront un lien avec la 2 CV bleue dans laquelle elle eut, avec son mari Marc, l’idée de lancer le premier RERS à Orly, fin 1971. Celui d’Évry suivit en 1979, encore sous leur impulsion, inspirée de la pensée de chercheurs comme Edgar Morin. Après un doctorat en psychosociologie en éducation, elle deviendra secrétaire générale, responsable pédagogique puis présidente d’honneur de Foresco jusqu’à aujourd’hui et recevra l’insigne d’officier de la Légion d’honneur.

Auteure de nombreux ouvrages pédagogiques, elle fait partie de divers collectifs sur l’éducation et accompagne des équipes enseignantes à titre expérimental dans les rectorats de Reims et de Nantes.